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Chapitre 4 - Argent

  La nuit à été assez courte, l’alternance c’est bien mais ?a fait déjà plus de deux semaines

  que je n’ai pas eu une vraie nuit, il va vraiment falloir dormir convenablement rapidement.

  Leims et Abbia semblent bien mieux supporter la situation. Quant au chat… je prie pour lui. Il se réveille souvent, avant de tomber dans les pommes à la seconde où il aper?oit Abbia. Les animaux ne supportent vraiment pas les elfes noirs.

  Selon Leims, il se débattait comme un fou lorsqu’il s’approchait de nous. J’ai presque envie de le mettre dans les bras d’Abbia, juste pour voir sa réaction à son réveil.

  Bon, c’est pas tout mais on a du pain sur la planche. Nous sommes actuellement sur un endroit en hauteur, nous pouvons voir les rues et leur tracé en contrebas. Comment faire pour éviter à Leims de se perdre ? Le mieux serait encore d’avoir une carte. Malheureusement, elles sont rares et protégées.

  Après quelques minutes de réflexion, je leur propose un plan, “Alors, voilà ce que je propose. Je vais aller moi-même voir l’emplacement des animaux, puis je marquerai mon chemin sur un tissu de cet endroit, vers la guilde. Comme ?a, une fois que tu auras le chemin, tu feras comme on avait prévu hier, d’acc ?”

  Leims prend un position de relaxation, “Si tu veux.”.

  Une fois d’accord, je repris la route, suivant les beuglements des animaux au loin.

  Ce n’était pas compliqué à trouver, l’odeur et les bruits conduisent naturellement vers cette partie de la ville. Vaches, chiens, chats, cochons, tout type d’animaux se trouve ici. Ils remplissent chaque espace libre, les passants sont assez énervés de ne pas pouvoir passer.

  Je me rends compte, que ne n’ai ni tissu ni charbon pour écrire. Va falloir faire à l’ancienne. J’arrache un bout de tissu de ma tenue, qu’il va VRAIMENT falloir changer rapidement. Je prends un caillou sur le sol, essayer d’écrire avec de la terre serait très approximatif, donc je l’utilise pour percer mon doigt. La douleur est assez vive mais je n'ai pas le choix.

  Je retrace le chemin vers la guilde. Une fois devant, je me frappe la tête. J’aurais pu en profiter pour ramener le chat et prendre une quête s?re. Le chemin finit d’être tracé, je soigne mon doigt avec ma magie. Je retourne vers Leims et Abbia.

  Un grognement inconnu se fait entendre. à peine arrivée, je tombe sur Leims, en position de combat face à trois inconnus. Tous semblent amochés. Abbia est derrière Leims, elle semble observer discrètement le combat, sans pour autant être aussi apeurée que lorsqu’elle nous avait rencontrés. Un quatrième inconnu est derrière Abbia, un sac à la main.

  “Abbia ! Derrière toi !” Je crie et je cours vers elle. Leims m’aper?oit mais ne se détourne pas. Le sac de l’homme s'abat sur la tête d’Abbia. Je concentre ma magie dans mes jambes, mais je m’arrête. Abbia vient de mettre un coup de baton dans le ventre à l’homme. Pour m’en être déjà pris un, ?a fait mal. Surtout qu’à ce moment-là, elle était plus affaiblie qu’aujourd’hui. Sans surprise, l’homme tombe au sol en gémissant. Quelques secondes plus tard, je me tiens à ses c?tés. Nous le tenons le maintenons au sol pour qu’il ne fuit pas. Enfin, jusqu’à ce qu’Abbia l’assomme d’un coup de baton.

  Leims semble quant à lui avoir plus de mal. Il est en un contre trois en même temps.

  Il évite un coup, avant d’en placer un. L’un des hommes semble perdre patience et sort un couteau. Etrangement, Leims ne semble pas plus hésitant que ?a. En réalité, il est encore plus confiant. L’homme au couteau attaque, et Leims dévie son coup vers son camarade. Leims est vraiment étrange, c’est comme si ses mains glissaient sur la lame du couteau. Il profite du désarroi des deux autres pour combattre le dernier. Pauvre de lui, il est complètement dépassé. J’arrive difficilement à suivre les mouvements de Leims, mais je peux voir qu’il vient de mettre un coup de genou à la machoire de l’homme, avant de le balayer au sol. Il esquive un coup de couteau de derrière, je ne sais même pas comment il a fait pour le voir. Il désarme son adversaire d’un coup de pied à la main. La scène se répète alors, et en un instant voilà que les trois inconnus sont à terre, inconscient dont un qui saigne abondement.

  Je ne suis pas la seule à être choqué par la performance, Abbia regarde elle aussi Leims avec la même incompréhension.

  “Bon, tu te grouilles de soigner celui qui saigne ?” Leims me dit tout en récupérant le couteau au sol.

  Malheureusement, j’ai oublié un détail. “J’aurais probablement d? prévenir avant, mais je ne sais pas soigner d'autres personnes.”

  Leims me regarde comme si je venais de tuer quelqu’un. Après un moment, il enlève la tunique de l’homme et lui fait un bandage de fortune.

  “T’étais pas censé être une sainte ? Si j’ai pu me battre avec autant d’assurance, c’est parce que je pensais que tu allais me soigner après le combat.” Il me dit ?a sur un ton réprobateur.

  “Désolé. C’est vrai, les saintes sont les meilleures soigneuses qui puissent exister. C’est d’ailleurs pour ?a que j’ai survécu au troll. Mais je ne sais pas soigner les autres. Je ne sais pas pourquoi, mais dès que j’essaie, ?a ne fait rien.”

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  Leims ne dit rien. A la place, il fouille les inconnus et leur prend leur bourse. Il en profite pour leur prendre aussi leurs vêtements. “Tenez, mettez ?a. ?a vous couvrira plus que vos bout de tissus déchirés.”

  Abbia s'exécuta immédiatement. Je prends les habits qu’il me tend. “Tu les voles ? Je croyais que tu étais contre tout ?a.”

  “Là c’est différent. Ils sont venus vers moi et m’ont attaqué, et ont même voulu prendre ma vie. Je ne les vole pas, ils ont simplement perdu leur pari.”

  Abbia et moi nous habillons avec leurs vêtements. Ils sont trop grands, mais c’est mieux que nos anciens. Au moins, nous n’avons pas l’air de sans-abris. Leims aussi se change, il devait en avoir marre de ses vêtements plein de charbon.

  Nous avons malheureusement perdu le chat dans la bagarre. Je donne quand même la carte à Leims. Après ?a, Leims met en commun les différentes bourses en une, avant de la ranger dans sa poche et de jeter les autres près des quatre inconscients. Il nous regarde avec un sourire serein, “On va bouffer ?”

  Je le regarde, prise par surprise, “Maintenant là ?”

  Il regarde le soleil dans le ciel, “Bah, ouais… Il est déjà midi. Et puis on va pas attendre qu’ils se réveillent, si ?”

  Abbia et moi nous regardons, avant de suivre Leims en ville.

  Après quelques minutes de marche, je pose enfin la question à Leims “Alors ? Ils avaient combien sur eux ?” Leims prend sa bourse et commence à compter les pièces à la main. “Tu veux pas que je le fasse ? ?a ira plus vite.”

  Il me lance un regard froid “*Tsk* Non. Tu compteras TON argent quand TU l’auras gagné.”

  “Mais t’as pris celui du gars à Abbia aussi.”

  Il n’en démord pas, “Oui, mais c’est parce qu’elle ne sait pas s’en servir. Je gèrerai ses comptes en attendant. Quant à toi, tu sais lire, compter et négocier, tu n’as pas besoin de mon aide.”

  Je me tourne alors vers Abbia, “Tu vas le laisser faire ?”

  “Bah, il a pas tord, je sais pas m’en servir. Par contre j’ai envie d’apprendre le plus vite possible. Sinon, je risque de me retrouver comme vous.”

  A?e, ?a fait très mal.

  N’empêche, malgré une mise en commun des forces, il faut rester indépendants les uns des autres.

  “Bon, alors… par où commencer ?” Je réfléchis à comment aborder le problème. Leims sort de son silence, sans détourner le regard du chemin, “Commence par les différentes pièces, puis encha?ne sur leurs subdivisions.”

  Je le regarde un instant, choquée. Comment peut-il être si illettré et pourtant si bien informé sur ce sujet ?

  “Tu me considères vraiment comme une brute hein ?” Leims soupire, “Bon, pour commencer, il faut savoir qu’il existe quatre métaux pour les pièces. Dans l’ordre de valeur, il y a le cuivre, l’argent, l’or et le platine. Chaque pièce d’un métal vaut cent fois le métal inférieur. Sauf que, vu que c’est chiant de trimbaler des dizaines de pièces pour avoir le métal supérieur, il existe des pièces de différentes valeurs. Trois types de pièces exactement. Toujours dans l’ordre, il y a le sou, qu’on appelle communément la pièce, frappé d’un arbre, le denier qui équivaut à cinq sous, frappé d’un humain, puis l’écu qui lui équivaut à dix pièces et qui est frappé d’un dragon. Donc je recevais mon salaire avec cinq écus de cuivre. T’as compris ?”

  J’ai presque envie d'applaudir pour la présentation. Abbia répond un grand “Oui !”

  “Bien, continuons donc. Chaque métal est reconnaissable à son poids, et chaque commer?ant digne de ce nom possède une balance et une charte de poids pour vérifier l’authenticité du métal. Je n’ai cependant jamais vu de pièces d’or ou de platine, donc je ne sais pas si elles ont aussi la même forme, un poid vraiment différents ou quoi.”

  Le temps qu’il finisse son explication, nous nous retrouvons devant une étale, tenu par trois grands barbus et à la peau tanné par les fourneaux. Ils portent tous un habit blanc taché de farine et autre ingrédients de cuisine. Le comptoir présente plusieurs plats que je ne connais pas.

  “C’est quoi ?” demande Abbia.

  “Je ne connais pas le nom, mais en tout cas, c’est de la viande avec des patates enroulées dans une galette de blé grillé, le tout avec une sauce faite de fromages.”

  Abbia et moi contemplons l’étale. L’odeur menace de sérieusement me faire baver devant tout le monde. Mon ventre gargouille comme jamais je l’ai entendu. En dehors des pommes, que j’ai fini par vomir, c’est mon premier vrai repas en deux foutus semaines.

  Un des gars se retourne, “Vous voulez quoi ?”, Leims lui répond “?a, pour trois.”

  Le gars lève un sourcil “Quoi comme viande ? On a b?uf, poulet et mouton.”

  Leims réfléchit un instant puis dit “Deux boeuf et puis…” Il me regarde, je dois choisir visiblement. Mmmmh… Et pourquoi pas du poulet ?

  “Poulet pour moi.” Leims se retourne vers le gars.

  “Trentes cuivres.”

  Leims ressort la bourse, mais ne paie pas immédiatement. A la place, il la donne à Abbia. “Alors ? Trentes cuivres ?a donne quoi ?”

  Elle regarde Leims d’un air perplexe, puis cherche, en murmurant “un dragon, deux dragons, trois dragons…” Elle finit par sortir trois pièces de cuivre, frappé d’un dragon, avant de les donner au gars qui les pèsent.

  Leims sourit fièrement comme un père qui vient d’apprendre un truc à son gosse.

  Après quelques minutes d’attente, nous recevons enfin nos plats. Que nous devons manger sans table ni couverts… On est encore chez les barbares où quoi ?

  Nous finissons par trouver un banc et à nous installer. Leims et Abbia dévorent leur repas en ayant des étoiles dans les yeux. Je croque dans le mien, et…

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